Ep.12 Comédien
Dominique Langlais

On accueille Dominique, comédien au parcours riche et passionnant. Cinéma, théâtre, télévision, publicité… Depuis plus de 30 ans, Dominique enchaîne les rôles et les expériences. Il nous raconte les coulisses de son métier : les castings, les tournages, les répétitions, mais aussi les moments de doute, les périodes creuses et les choix parfois nécessaires pour continuer à exercer. Dominique nous parle aussi d’un engagement plus intime : son rôle de clown au sein du Rire Médecin. Un témoignage sur un métier de passion, fait de contrastes, d’émotions et de rencontres.


Laura (L) Bonjour Dominique Langlais, comédien.

Dominique (D) Bonjour

Sara (S) Dominique, peux-tu nous parler de ton métier ? Qu’est-ce que c’est vraiment d’être comédien ?

 D Je suis effectivement comédien depuis longtemps. Mon métier c’est jouer la comédie, raconter des histoires, interpréter des personnages, dans différents cadres, au théâtre, au cinéma, à la télé, dans les hôpitaux…

L On meurt d’envie de savoir des exemples de films, séries peut-être célèbres où on peut te retrouver. On est curieuses.

D Dernièrement, j’ai joué dans La Venue de l’avenir de Cédric Klapisch

S Incroyable !

D Voilà. C’est un type super. J’ai joué avec Suzanne Lindon, pas une grande scène , mais une belle scène. J’ai joué dernièrement dans une série avec Bérénice Béjo, qui va sortir sur Alice Guy, qui est la première réalisatrice au monde, qui travaillait avec Léon Gaumont et qui a fait les premiers films pour faire la promotion du matériel cinématographique. Elle a été totalement ostracisée et oubliée par tous ces mecs-là. 

J’ai fait des séries pour YouTube avec le Golden Moustache, avec le Studio Bagel, j’ai travaillé pour Groland, beaucoup, aussi pour Canal. J’ai fait aussi des publicités, dernièrement pour Optical Center, pour St Yorre, pour McDo, enfin, ça fait trente ans, j’en ai fait beaucoup. Sinon, au théâtre, je travaille avec une compagnie de théâtre de rue, qui s’appelle Adhok, basée à Paris, pour un spectacle qu’on joue pas mal à l’étranger, en fait.

S C’est quoi une journée type, pour toi ?

D Ce serait : je vais répéter, souvent dans des heures de bureau, 9-18 h, souvent dans un théâtre, et toute la journée on travaille sur les textes, sur le corps, sur le mouvement et on est vraiment « complètement dedans « . Il y a une coupure pour le déjeuner, mais même les coupures ne sont pas très longues.

L Quand tu dis répéter directement dans une salle avec la troupe, j’imagine surtout les étapes d’avant c’est-à-dire qu’on t’a sûrement donné le texte. Peut-être encore avant, tu as passé un casting. Quelles sont les toutes premières étapes pour arriver jusqu’au rôle ?

D En théâtre, par exemple, c’est différent du cinéma. Au cinéma, effectivement, comme tu disais, il y a des castings. Donc là, c’est mon agent, ou c’est moi-même, on peut être appelé par des directeurs de casting, par des réalisateurs ou c’est mon agent qui dit qu’il y a tel rôle. Et donc effectivement, on a un texte, on répète la scène. Et puis on va passer le casting devant le directeur de casting ou maintenant, il y en a de plus en plus depuis le COVID, depuis cette période-là, on fait beaucoup de self-tape, c’est-à-dire qu’on se filme chez soi.

Pour une pièce de théâtre, c’est différent parce que le réseau est différent. Et souvent, c’est par cooptation parce qu’il y a des metteurs en scène qui m’ont vu parce que j’ai travaillé beaucoup, que j’ai fait beaucoup de spectacles et que les gens m’ont vu et qu’il y a aussi des amitiés qui perdurent dans le temps. Les mêmes metteurs en scène ont envie encore de travailler avec moi, et j’ai aussi envie de travailler avec eux. Donc, il y a des spectacles que je joue comme ça parce que je connais les metteurs en scène et ils me connaissent.

S Est-ce que tu peux nous parler de ton premier casting ? Le tout premier.

D C’était pour la naissance de ma fille, qui a 32 ans maintenant. Et c’était pour une publicité pour un magasin suisse qui s’appelle Migros. Donc c’était pour faire un personnage qui se baladait dans toute l’Europe. Et c’était super parce que j’ai été pris.

S Ton premier casting, tu l’as eu ?

D Oui.

S C’est incroyable. 

L Ça t’a convaincu de continuer dans cette voie-là.

D Voilà, c’est ça, oui, parce que j’avais la tête du personnage, en fait. J’étais pile poil dans ce qu’ils cherchaient. Et du coup, j’ai tourné effectivement à Rome, à Londres, à Zurich, à Paris. Super. Et en même temps, à côté de ça, je suis parti le jour de la naissance de Suzanne. Suzanne est née le matin et je suis parti l’après-midi. Donc c’est ça aussi la vie. La vie de comédien, c’est que des fois, il y a des moments où on part parce qu’on travaille et notre travail peut être loin et en déplacement, mais à côté, on vit peut-être moins des choses familiales.

S Tu peux avoir une opportunité. C’est maintenant qu’il faut la saisir. Demain, tu n’en auras peut-être plus. Est-ce que tu sens ce sentiment d’urgence quand un projet qui est beau et il faut y aller ? 

D Oui, c’est vrai qu’il y a ce sentiment d’urgence. Oui, tout à fait, qu’il y a enfin urgence, et de se dire, c’est mon métier. J’ai envie de faire ça. Et c’est pour ça que je suis fait, je pense. Et donc voilà, il y a des avantages et des inconvénients. La vie et l’économie font en sorte que des fois, on fait des choses qu’on n’a peut-être pas spécialement envie de faire, mais qui permettent de faire à côté d’autres choses, en fait.

L Tu acceptes quelque chose que tu aimes moins, parce que ça t’ouvre des portes ailleurs.

D Exactement, et qui te permet, par exemple, je parlais de publicité. En soi, la publicité, ce n’est pas quelque chose que j’adore faire, mais c’est une manière de gagner de l’argent pour mon intermittence. Quand j’ai commencé, ça m’a permis de rencontrer aussi des directeurs de casting et parce que les réalisateurs de publicité sont aussi des réalisateurs de cinéma, de courts métrages, etc. Et qui m’ont permis de rentrer dans le milieu du cinéma ou dans le milieu de la télévision, parce que j’avais aussi des choses à montrer. Parce que j’avais des publicités.

Certes, c’était pour un produit, un tel ou un tel, mais les gens me voyaient jouer. Donc j’étais reconnaissable, on pouvait voir ce que ça donnait dans un certain style de personnage. L’argent que j’ai pu gagner, pour une publicité, me permettait à côté de faire des spectacles, des pièces de théâtre où je n’étais pas payé parce que c’était une jeune compagnie. Il n’y avait pas beaucoup de sous, mais je disais : « Moi, je peux me permettre d’être, oui, voilà, 15 jours ou trois semaines à travailler avec vous parce que j’ai gagné de l’argent à côté ».

S Alors c’est quelque chose qui s’applique dans différentes carrières. D’ailleurs, parfois, on fait des projets qui nous intéressent moins, mais ça ne veut pas dire que plus tard, ça ne va pas nous servir. Et finalement, on apprend toujours quelque chose d’une expérience, même si ce n’est pas celle dont on rêvait. 

Tu as participé au film de Klapisch « La venue de l’avenir ». Est-ce que tu peux utiliser cela comme une illustration de ton travail ? Du moment où tu as entendu parler la première fois de ce projet, jusqu’ au moment où le film est sorti. Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment ça se déroule en fait sur ce projet-là, par exemple ?

D Eh bien, en fait, on m’en a parlé six mois avant que ça tourne. Mais moi, j’ai été contacté par une directrice de casting que je connais qui m’a dit : « Voilà, j’ai ce rôle-là, le rôle du notaire. J’aimerais bien que tu passes le casting ». Donc le casting, c’était peut-être 15 jours, voire trois semaines après. Un premier passage, avec juste la directrice de casting et son assistante. J’ai passé au tour d’après, j’ai fait un deuxième tour devant Cédric Klapisch. Voilà. Et puis moi, dans les castings, j’aime bien venir en costume.

Je ne suis pas allé en jean et en chemise comme aujourd’hui, c’était un notaire au XIXe siècle. Donc je suis allé avec un costume, avec un gilet un peu serré, une petite cravate, un col cassé, les cheveux avec la raie au milieu, des fausses lunettes pour me mettre dans le personnage, d’une part pour moi, mais aussi pour mettre tous les atouts de mon côté. Et puis après, j’ai été choisi. Et puis après, il y a le plan de travail. Donc c’est les dates de tournage.

Puis à un moment donné, on dit : « Voilà, ça va tourner tel jour ». Les essayages. Donc j’ai rendez-vous pour faire les essayages de costume. Souvent, c’est dans le nord de Paris, là où il y a des studios, pas loin de la Plaine Saint-Denis, etc. Il y a des grands hangars où il y a plein de costumes. Et c’est assez étonnant d’ailleurs de voir toutes les costumières et tous ces costumes de toutes les époques qui sont là. Donc j’ai essayé mon costume, on a fait des photos. Voilà.

Arrive le jour du tournage. On est venu me chercher parce que souvent on veut être sûr que les acteurs soient là, parce que c’est tellement millimétré. Ça coûte tellement cher qu’on ne veut pas se permettre d’avoir une demi-heure ou une heure de retard, etc. Donc on préfère, moi-même, petit rôle, venir me chercher à Igny, pour aller tourner dans une espèce de château du côté d’Enghien-les-Bains. Même si je n’ai tourné que l’après-midi et je suis arrivé le matin à 8h. 

L Tu as le temps de prendre ton café, au moins.

D C’est cela et puis, costume. Pour être prêt, en fait, dès qu’il y a besoin de moi, que je sois prêt. Donc costume, maquillage, coiffure. Je répète mon texte avec la comédienne et à un moment donné, on attend. C’est vrai que c’est… c’est Louis Jouvet : la petite anecdote qu’un comédien, comme on disait Louis Jouvet, lui demandait : « Qu’est-ce qu’il faut pour faire du cinéma ? » Il disait : « Un bon livre, parce qu’on attend beaucoup ».

Mais il est vrai qu’on attend beaucoup parce qu’il y a beaucoup changements de plan, il y a des changements de matériel, de caméra, il y a des changements de décor, etc. Nous, la scène, on tourne…Mais ceux qui sont les plus occupés sont les techniciens qui, eux, n’arrêtent pas, etc. Nous les acteurs, on peut être un peu à attendre des fois en loge parce que ça tourne à un autre endroit avec d’autres acteurs, mais on est quand même là, etc. Donc voilà. Donc on attend. Et puis à un moment donné, on dit : « Ah, ça y est ». Et quand on dit : « C’est à toi », il faut être prêt. 

L Il faut que tu plonges dans le personnage, maintenant.

D Voilà, mais une fois que je suis dans le costume, je me concentre et je reste concentré. Et c’est parce que j’ai un peu le trac aussi. Je joue devant Klapisch et avec Suzanne Lindon et que c’est des choses importantes pour moi, parce que même si je suis comédien, ça n’empêche que ce sont des gens qu’on voit au cinéma et qui sont des grands réalisateurs, et qu’on a envie de faire une bonne impression et de bien travailler et de faire bien notre job. Et puis voilà, on fait une mise en place. La caméra, on fait des essais, on fait ce qu’on appelle une mécanique.

Donc c’est-à-dire qu’on va faire tous les gestes que je fais sans les tourner pour dire, bah, voilà, tu arrives ici, tu prends un moment donné, je suis dans la scène, je note sur un papier, l’adresse : donc tu prends la plume ici, le papier, il est là, tu dis « Ok, d’accord ». Et au cinéma, ce qui est étonnant, c’est que tout est… comment dire, la table était surélevée parce qu’il fallait, parce qu’on ne la voyait pas assez. Donc elle était sur des parpaings ou je ne sais plus quoi, on avait tout mis en hauteur. C’est étonnant. Quand on voit un plateau de tournage, on se dit que ça rend à l’image alors que tout est des fois, faux et tout est des fois, de travers, ou parce qu’il faut qu’on le voit, il y a les lumières, etc. Bref, on met tout en place, on reste là. Et puis on me dit voilà. Et puis on la tourne. Et puis enfin, on fait une répétition et puis on dit : « Attention, on va tourner ». Et puis là, on tourne. Et donc il faut être en même temps détendu et en même temps très concentré. Et puis on la refait s’il y a besoin.

S Et du coup, tu termines ta scène ?

D Voilà, voilà, on termine la scène. Et puis tout le monde applaudit souvent. C’est ça, sur les plateaux « C’était la dernière scène et c’était le dernier jour, Dominique, et on s’applaudit tous ». C’est vraiment un travail d’équipe. Voilà, on se dit au revoir. Et puis après, je vais là, je vais enlever mon costume. Et puis eux, ils continuent. Il y a d’autres scènes qui se tournent. Tout le monde ne s’arrête pas à part si c’est la fin de journée. Mais sinon, moi, j’enlève mon costume, j’enlève le maquillage. Et puis on me ramène.

S Ça doit être un moment particulier. Tu vas rentrer chez toi dans la voiture. Ah, ben c’est fini…

D Oui, oui. Il y a un deuil à faire.

S Un deuil. Tu dirais?

D C’est un mot un peu fort, 

S mais tu sais que tu ne vas pas le revivre ce moment. 

D Voilà. Il y a un peu un deuil, oui, c’est un mot un peu fort, mais ce sont des trucs comme ça, on dit : « Bon, ben, voilà, c’est fait »; parce que ça fait depuis six mois que j’attends ce moment-là, en fait.

S Tu as parlé de ton agent ou agence, comment ça marche concrètement ? Quel intérêt à avoir une agence ? Comment tu démarches une agence ? Est-ce que c’est l’agence qui te démarche, d’ailleurs ? Et qu’est-ce qu’ils font pour toi ?

D Par exemple, quand je fais de la publicité, ce sont des agences qui sont dédiées au métier de mannequin. Quand je fais de la publicité, je suis plutôt considéré comme un mannequin-comédien. Pour l’ego, ce n’est pas mal.

L C’est clair.

D Ce sont des agences qui sont dédiées vraiment que à de la publicité. Et là, en fait, on peut y aller. Il y a plusieurs agences sur Paris. C’est là où elles sont en plus grand nombre, et il suffit de les contacter et de savoir s’ils recherchent du monde. Ils cherchent toujours pas mal de monde, en fin de compte, parce qu’il y a des publicités pour beaucoup de choses et sur plein de supports différents, ce qui fait qu’ils ont toujours besoin de nouvelles personnes, de nouvelles têtes, etc.

Après, tout ce qui est agent artistique, donc tout ce qui est cinéma, télévision, c’est plus compliqué dans le sens où il faut déjà avoir fait quelque chose. Même si c’est amateur ou se faire sa propre bande-démo. Alors après, je pourrais revenir sur le terme, ce qu’est une bande-démo, c’est un petit film, deux minutes, deux minutes 50 qui reprend un peu tout ce qu’on a pu faire, etc. Une espèce de bande-annonce de nous en tant que comédien. 

Mais donc pour démarcher des agents artistiques, soit on sort d’une école et les agents vont dans les écoles pour trouver des jeunes comédiens. Ça, ils le font, ils vont au théâtre pour voir des spectacles dont ils ont entendu parler. Et on peut effectivement toujours essayer de leur envoyer quelques infos ou demander s’ils prennent des gens, etc. Ce sont des démarches vraiment personnelles et qui sont parfois compliquées parce qu’on a plus de « non » que de « oui ». Ça c’est sûr. Mais des fois, il peut y avoir un oui. Et il faut toujours tenter le coup.

S Et comment tu as fait, toi ?

D La première, c’était une agence qui faisait de la publicité des comédiens et qui, à côté, avait un département agence artistique. Donc je suis passé de l’un à l’autre. Et puis mon deuxième agent, l’agence avec qui je suis, c’est parce qu’on s’est rencontré sur les avant-premières de films. Et puis, en fin de compte, moi, je l’ai démarchée parce que je voulais changer, rebooster un peu ma carrière, me donner de nouveaux challenges, etc. Et puis elle a vu ce que j’ai fait. Elle n’avait pas aussi mon profil dans son agence, parce qu’il faut qu’elle ait un panel de plein de comédiens et de plein de profils différents pour placer ces comédiens dans des projets.

L Demain matin, je veux devenir comédienne. Je n’ai aucun réseau. Je n’ai jamais fait de théâtre de ma vie. Aucune formation. Est-ce que je peux tenter le coup ?

D Tu peux tenter le coup. Bien évidemment.

S Sur un malentendu, tu n’as rien à perdre !

D On ne sait jamais. Parce que c’est aussi l’époque qui veut ça, il y a beaucoup de castings sauvages, et on le voit d’ailleurs, là maintenant, avec les réseaux sociaux, il y a sûrement beaucoup plus de castings. Et je le vois d’ailleurs, il y a pas mal d’annonces qui passent. On cherche jeunes 18-25 ans sans expérience voulue pour, parfois, pour un premier rôle dans un long métrage de réalisateur très connu.

L Donc on a cette étape du casting ou alors tu es coopté pour le théâtre parce que ça marche plutôt comme ça. Tu es sélectionné. Et là on te donne un texte que tu apprends déjà peut-être un peu chez toi et ensuite tu dois être sur place avec la troupe pour t’entraîner.

D Il y a plusieurs rencontres avant d’arriver vraiment sur le plateau et de commencer à répéter, il y a plusieurs rencontres avec le metteur en scène pour parler du personnage, on est plusieurs, on fait des lectures à table. Des rencontres avec le décorateur, avec le scénographe, avec la costumière ou le costumier, pour que tout le monde avance en même temps. Sûr que moi, en tant qu’acteur, il faut que je m’imprègne du texte, que je m’imprègne peut-être de bouts de costumes, que après on va abandonner, qu’on en prendra d’autres qui auront été choisis parce qu’en fin de compte, on va s’apercevoir que non, en fait, ça ne va pas. Et puis à un moment donné, effectivement, on se retrouve sur le plateau, et on travaille le texte en même temps qu’on travaille le corps.

J’ai fait une école de théâtre à Paris qui s’appelle l’école Jacques Lecoq, qui est une école de théâtre basée sur le mouvement, sur le corps. Moi j’apprends un texte, mais je ne l’apprends pas. Je peux l’apprendre par certaines parties très, très de façon comme une leçon ou comme on peut apprendre des fois à l’école. Mais je ne le saurai vraiment que quand je le jouerai sur le plateau.

L On demandait quel est ta journée type. Mais en fait, on parle peut-être d’une année type finalement c’est sur le long terme ce sont des périodes de pause, des périodes de production, des périodes de répétition. Je ne sais pas comment ça marche. Tu parlais d’intermittence, mais ce nom intermittence, ce n’est pas pour rien, j’imagine.

D Oui, c’est comme, tu dis, c’est plus une année type. Là, janvier, février, j’ai travaillé surtout à l’hôpital. Et puis là, mars, avril, ça va être surtout du théâtre. Dans deux mois, je fais des lectures sur un nouveau projet pour un spectacle musical. Je répète à Dunkerque sur un autre projet et je suis aussi sur un autre projet encore de théâtre pour la saison prochaine.

S J’ai une question sur l’ego parce que du coup, on parle de comédie, de succès, peut-être d’échecs. J’imagine, t’as des extrêmes d’émotions en mode. « C’est bon, j’ai un projet de fou avec des réalisateurs que tu admires ». L’ego est là. Mais parfois peut-être, tu vas échouer sur un truc que tu étais sûr d’avoir. Enfin, bref, j’imagine un peu les montagnes russes. Comment tu te préserves pour ta santé mentale ?

D Avec le temps, on arrive à être plus zen, même si des fois je ne suis pas très zen, je pense que c’est ça, il faut être positif et se dire que si on n’a pas été pris, il y a sans doute une bonne raison et peut-être que ce n’est pas au niveau personnel parce que dans ce métier-là, en fait, ce n’est pas moi en tant que Dominique Langlais, parce que je ne corresponds pas en fait au personnage. Si jamais, effectivement, les gens nous disent maintenant je ne te prends pas parce que tu es infect, parce qu’on ne peut plus bosser avec toi…

S C’est le problème de Dominique Langlais ! 

D Je pense qu’il faut être très bien entouré aussi. Je remercie ma femme pour ça parce qu’elle, comme on dirait, elle, Nathalie est très positive.

L Et quand est-ce que tu as su que tu deviendrais comédien ?

D Très tôt, en quatrième, j’aimais beaucoup l’école, mais je n’étais pas super. Je n’étais pas mauvais non plus, mais je crois que je rêvais d’ailleurs, je voulais faire autre chose et tout ça. Donc, je n’ai peut-être pas eu les bons résultats, mais plus, des fois, par fainéantise, et puis voilà, en quatrième, avec la prof de français, qui nous faisait lire des pièces de théâtre. Et c’était le bourgeois gentilhomme de Molière. La classe riait. Et moi, je me suis senti très à l’aise. Je me suis dit c’est là où je veux être en fait.

S Comment s’appelait cette prof de français ?

D Mme Vuagnoux. C’était à Caen, en fait à Douvres-la-Délivrande. Je suis de Normandie.

L C’était une découverte, finalement, dans la classe, c’était le hasard.

D Oui, voilà, c’est ça. Je voulais arrêter l’école. Et mes parents m’ont dit non, non, non, tu vas jusqu’au baccalauréat.

L Et tu as fait quand même un bac général.

D Voilà, c’est ça, un bac général.

S Ta famille, quelle était leur réaction ? Est-ce que tu as dû les rassurer ou ils t’ont dit « vas-y, mon garçon ».

D Mon grand-père était couvreur, était dans le bâtiment dans le Pays d’Auge, Lisieux, etc et mon père aurait voulu faire sans doute autre chose. Mais son père lui a dit non, non, tu vas reprendre, tu vas faire du bâtiment, etc. Et donc le fait que ma maman aussi n’a pas pu faire les études qu’elle voulait pour des raisons familiales, des choses comme ça. Donc, ils étaient tous les deux à se dire si nos enfants peuvent faire ce qu’ils veulent, ce serait vraiment formidable. Donc, comme j’ai voulu faire comédien, ils m’ont dit ok, mais passe ton bac d’abord. Et puis après tu verras. Donc voilà, ils ont été assez compréhensifs et je les remercie encore tout le temps parce qu’ils ne m’ont pas dit non.

L Et donc tu as passé ton bac et après ?

D Après mon bac, j’ai fait le conservatoire de Rouen pendant deux ans, puis j’ai fait mon service militaire à l’époque. Et puis après, j’ai commencé à travailler à Rouen avec des compagnies de gens que j’avais rencontrés au conservatoire. J’ai eu mon intermittence et j’ai fait cette école de théâtre après, à Paris, qui s’appelle l’école Jacques Lecoq pendant deux ans. Et puis après, les écoles, c’est un réseau aussi. Voilà, comme toutes les écoles, comme dans tous les métiers.

S Comment tu décrirais l’expérience de te voir au grand écran ?

D Ah c’est assez étonnant, en fait. Ce n’est pas tous les comédiens qui le disent. Des fois, ce n’est peut-être pas très agréable. Comment dire, on ne se dit pas là « qu’est-ce que je joue bien ! C’est vraiment super. Ce costume ! ça me va bien, la moustache ! ».

S Wow. Quel profil de fou !

D On n’est pas trop là-dedans parce qu’on voit toujours les choses qui ne vont pas.

L La première fois que tu t’es vu au cinéma, est-ce que ça te faisait bizarre de voir ton visage ?

D C’est ça, ça fait bizarre parce que c’est nous, mais c’est en même temps pas nous parce qu’on joue un personnage. Et puis c’est très proche. Des fois, on est, comment dire, ça peut être des gros plans et tout ça. Et on rentre vraiment à l’intérieur de nous-mêmes. Voilà, c’est pour ça, faut être assez humble. Et puis on est totalement au service de la technique du cinéma puisque, après, le réalisateur, il va prendre tiens telle scène et pas telle scène. Mais au final, ce que ça va donner au cinéma, je ne sais pas, je ne sais pas trop. Donc, on est totalement dépendant de, comment dire, du réalisateur, du montage, etc.

Au théâtre, on est là, on peut plus maîtriser, même si on a travaillé avec un metteur en scène, etc. Mais sur le plateau, si j’ai envie de faire un autre geste ou le metteur en scène après, il va me dire non, mais ce n’est pas ça qu’on avait dit, c’est nul ou c’est bien ou c’est une bonne idée, mais, quelque part, j’ai encore mon libre choix.

L On parle de ton métier. On dit tu es comédien, mais est-ce que tu joues seulement la comédie ? J’imagine que tu joues aussi des drames. Est-ce que tu as eu l’occasion dans ta carrière de faire autre chose que de la comédie ?

D Oui, je fais aussi des choses qui sont plus sensibles, des drames, des choses difficiles et que le personnage est aussi fort. En tout cas, moi, j’essaie et je pense d’ailleurs que le fait de pouvoir faire rire, on est plus armé aussi pour faire pleurer, en fait.

L Moi, j’ai une question un petit peu plus drôle. Quel a été le moment peut-être le plus improbable ou une grosse bourde que tu aurais faite sur un tournage ?

D C’est un truc, mais parce que ça, on en parle aussi beaucoup. C’est une scène de nudité, par exemple. J’étais un personnage et je devais danser du quasi nu sur un lit. Enfin voilà. Et devant une comédienne qui était là. Donc, c’était improbable. Et je n’avais jamais fait ça et je ne l’ai pas refait depuis. Donc pas que je ne veux pas spécialement.

L Ah ! Appel à candidature !

D Mais parce que c’est particulier la nudité au cinéma. Parce qu’il se déshabillait. J’avais une espèce de slip kangourou orange et il jouait avec son slip, qu’il faisait tourner au-dessus de sa tête et tout ça.

L Il faut qu’on trouve les images.

D Mais j’étais accompagné par le metteur en scène. Et puis, on n’a pas fait de photo parce que souvent, sur un tournage, il y a toujours plein de photos parce qu’il y a un photographe de plateau qui est là pour documenter aussi le tournage. Donc là, il n’y avait pas de photo de plateau et tout ça. Donc ça a été très safe pour moi.

S D’ailleurs, comment ça se passe ? Tu fais ta scène, t’es en plein dedans, kangourou à la main, mais après, c’est « coupez ». Et après, tu es tout seul, tu remets ton petit peignoir et tu vas te cacher ou ?

D Ben oui, je remets mon peignoir. 

S Tu parles de la pluie et du beau temps !

D Je remets mon peignoir oui.

L Tu sors vite du personnage (rires)

S Tu dois redescendre, en fait, parce que j’imagine il y a une montée d’adrénaline ?

D Oui. Oui, c’est ça. Oui. Puis après, il faut la refaire des fois parce que j’avoue, elle n’est pas bonne. Puis après on passe à autre chose.

L C’est un peu comme la même chose, tu te dis tu dois jouer un rôle et tu dois embrasser la personne que tu ne connais pas en face et recommencer la scène plusieurs fois parce qu’elle est ratée. Tu dois faire transpirer ton émotion de désir pour la personne en face alors que pas du tout, elles sent mauvais de la bouche, 

D par exemple.

L Et comment tu fais ?

D On sait qu’on est dans le personnage et qu’il faut que le contrat soit bien clair de part et d’autre. Et c’est pour ça que maintenant, je pense que c’est super, qu’il y ait des coordinatrices et coordinateurs d’intimité qui font que très vite, on parle des choses. On dit moi, bah, voilà. Et puis, et qu’il n’y a aucun désir réel. Il faut effectivement rester dans le personnage et rester dans le jeu.

S Est-ce que ça t’a servi dans ta vie personnelle ? Je ne sais pas, à Darty, à la caisse. « Oh nooon. Ma cafetière est tombée en panne ! « 

D Je ne sais pas, parler avec la police. Ça ne m’arrive pas spécialement, mais des fois. Mais ce que je veux dire, le fait d’avoir vu plein d’expériences, plein de personnages, je me sens à l’aise dans toutes les situations.

Donc, des fois, si je me fais un contrôle de police ou aux impôts, je ne sais pas, je me sens en confiance parce que j’ai éprouvé plein de personnages différents. Pour calmer mes angoisses, je récupère à l’intérieur de moi tout ce que j’ai pu vivre à côté.

L Et en parlant d’un peu d’angoisse, dans ton métier, y a-t-il des moments de plat complet. Tu n’as aucun projet. Comment tu le vis dans ton quotidien ?

D C’est effectivement, oui, compliqué, oui, il y a un peu ce désœuvrement, ce moment où on se dit « Mince, en fait, donc ça ne marche pas. Donc personne ne m’appelle, mon téléphone ne sonne pas ». Alors il ne faut pas attendre que le téléphone sonne, il faut essayer de faire autre chose. Mais ça n’empêche que même si on essaie, ça ne marche pas à chaque coup.

Donc c’est être patient et faire autre chose, peut-être, faire du sport, aller au théâtre, aller voir des choses, aller au cinéma, lire, s’occuper de sa famille, faire des choses qu’on se dit « Ben tiens, j’ai le temps de le faire ». C’est le moment pour le faire, parce que j’ai ce temps-là en fait.

L Ça fait partie de ton métier. Finalement, il y a des moments de creux et des moments avec beaucoup de projets. 

S ça peut te nourrir d’être dans le creux.

D Ça peut nourrir, oui, tout à fait. Il ne faut pas se laisser happer par le creux. Il faut se dire que c’est qu’on est un peu entre deux. Il faut toujours être un peu comme quand on nage. On est, on flotte, on ne coule pas, mais on n’est pas non plus à faire de la planche à voile. On est un peu entre les deux.

L Est-ce qu’aujourd’hui, tu rêverais de travailler avec un réalisateur ou un comédien en particulier ?

D Oui, j’aimerais. J’aime bien Albert Dupontel. Et j’ai failli, mais ça ne s’est pas fait parce que je n’avais pas l’âge du personnage et tout ça, mais je trouve que c’est un réalisateur qui est super, qui fait des films un peu barrés. C’est un gars qui est un peu dans son monde, sans doute. Mais j’aimerais bien, oui.

L Objectif prochain, alors.

S Je vais aller le démarcher pour toi ?

D C’est ça.

S Peux-tu nous parler de ton expérience de comédien à l’hôpital ?

D Donc je suis comédien clown au Rire Médecin, qui est une compagnie de clowns qui existe depuis bientôt 35 ans aussi. Et donc c’est une compagnie de clowns qui a été fondée par Caroline Simons, qui est une Américaine qui avait, comment dire, fait ça aux États-Unis dans les années 80 avec le Big Apple Circus à New York. Puis elle a eu envie de monter ça en France. Donc elle a commencé en 91 à l’I.G.R., l’hôpital à Villejuif de faire des clowns pour les enfants malades. Et donc elle a fait ça d’abord à Villejuif, après à Louis Mourier à Colombes, en région parisienne, à Nantes, qui s’est ouvert aussi et petit à petit, ils ont eu besoin d’avoir de plus en plus de comédiens, clowns. Et moi, j’ai fait une école de théâtre, comme je disais tout à l’heure qui s’appelle l’école Lecoq. Et à l’époque, il n’y avait pas vraiment d’école de clowns, de comédiens clowns. Il y avait des écoles de cirque. Et là, c’était autre chose. On est des clowns, mais on est plus des comédiens masqués. On a un tout petit masque, qui est un nez rouge, le plus petit masque du monde, comme on dit, et très belle image d’ailleurs. 

Donc, à l’époque, dans cette école-là, l’école Lecoq, on apprenait le clown comme on apprenait le masque neutre, comme on apprenait le masque de comédien dell’Arte, comme on apprenait le masque larvaire, toutes ces familles de masques. Et on apprenait la tragédie. On a tout ça, par le corps, par le mouvement, etc. Donc, elle avait rencontré des comédiens qui sortaient de cette école-là. Et puis voilà, petit à petit, ça s’est fait comme ça par cooptation. Ils sont venus chercher des comédiens dans l’école. Moi, je venais d’en sortir. Et voilà, donc j’ai passé une audition à l’hôpital à Villejuif et j’ai été pris.

L Et le Rire Médecin, en fait, pour faire un petit aparté, c’est une belle association qui permet aux enfants qui sont vraiment à l’hôpital sur le long terme d’avoir accès à cette prestation qui est un vrai bol d’air frais pour eux.

D tout à fait.

S Tu as parlé de l’hôpital Necker, donc on pense à des pathologies graves. Comment tu le gères, ça ?

D Parce que j’ai un personnage, ce n’est pas vraiment Dominique, qui à l’hôpital. C’est mon clown qui s’appelle Amédée Chic. Voilà, je suis très chic. J’ai un beau nœud papillon, une veste, une chemise à jabot, un kilt. Nous, l’enfant, il va nous voir comme le clown, comme le personnage. Donc s’il a envie de jouer avec le clown, il va jouer avec lui, même s’il est très malade.

L Mais est-ce que toi, tu ne t’attaches pas à cet enfant que tu vois toutes les semaines peut-être ?

D On va voir un enfant soigné pour un cancer, une leucémie qui est en phase terminale que je ne vais pas revoir la semaine prochaine, la semaine d’après, je le sais. Et ça s’est avéré comme ça. Il y a des enfants qui sont décédés. Et il y a des enfants qui vont mieux, qui sortent et qui continuent à vivre. Donc je les accompagne à la sortie.

Je joue avec eux, mais je suis le même avec tous et il faut que je sois le même avec tous. Et c’est comme ça que j’arrive à tenir. Et on travaille avec la compagnie, on a des formations. On a de l’analyse de pratique, on a des psychologues, on a tout un entourage avec nous qui font que quand il ne faut pas tomber là-dedans.

S C’est extraordinaire de faire ça. Et même pour les parents, nous sommes mamans toutes les deux, ça nous touche. 

D Et on est là pour tout le monde, en fait, et pour les enfants, et pour les parents, et pour les soignants. 

S Tu es une bulle de légèreté tout à portée dans un contexte extrêmement lourd.

D Voilà, c’est ça, et de faire en sorte que ce passage à l’hôpital soit une parenthèse.

L Oui, mais cette parenthèse, c’est énorme dans la tête d’un enfant, c’est énorme. Et c’est pour ça que les dons pour ce type d’association sont très importants.

D On est deux fois par semaine dans les services. Donc cette présence nécessite aussi que les comédiens soient payés pour pouvoir mener à bien cette mission.

S On parlait de réalisateurs connus, mais finalement, je trouve que l’enfant à l’hôpital qui est en train de rire de ce que tu fais, il a autant d’importance qu’un grand réalisateur ou réalisatrice.

D Tout à fait

L ça rejoint la question qu’on pose souvent, Sara : « Tu fais ce métier pour la gloire, la gratitude ou la fortune ? » 

S Sans transition. Après ce qu’on vient de parler, je dirais que c’est pour les enfants, et là c’est pour la gratitude ! Pas le fric !

D La gratitude, justement. C’est ce qu’on disait. Cette activité me pose, je sais pourquoi je suis là et que pour moi, c’est très important parce que ça, ça m’apporte l’équilibre aussi de faire ce travail-là. Ce que je sais, c’est que quand je vais à l’hôpital avec mon collègue et qu’on travaille tous les deux dans un service, et bien, on sait pourquoi on est là, et même si des fois les enfants ne rient pas, n’ont pas envie de rire. En tout cas, nous on est là, et le « non » fait partie de notre boulot. A l’hôpital, on peut dire non aux clowns, les clowns ne viendront pas, mais on ne peut pas dire non au traitement. On ne peut pas dire non à la piqûre. On ne peut pas dire non à tout ça.

S On peut imaginer être clown à Necker le lundi et mardi, Los Angeles, Dominique Langlais. Tu fais le français méchant avec Brad Pitt.

D Mais ça, ça m’est arrivé effectivement. Oui, tout à fait, de travailler à l’hôpital. Et puis là, c’est le lendemain d’être avec Benjamin Lavernhe dans Les Misérables qui va sortir bientôt.

S Est-ce que tu as travaillé avec un ou une réalisatrice dans le passé qui n’était pas forcément connue et qui a cartonné après ?

D Oui, là, tu vois ? Par exemple, j’ai retrouvé Fred Cavayé. J’avais fait un de ses premiers courts-métrages qui s’appelait Shut Up. C’était en 2001. C’était un court-métrage. Et maintenant, c’est lui qui a réalisé Les Misérables, mais c’est lui qui a réalisé aussi Le Radin avec Dany Boon. Je ne l’avais pas revu depuis, mais nos routes s’étaient croisées, c’est comme ça.

Et puis là, on s’est retrouvés avec grand plaisir. 

Ou la série sur Alice Guy, Guillaume Lonergan, qui est un réalisateur québécois, qui a fait la série. C’est une série qui passait sur Canal Plus qui s’appelle Empathie. Voilà, une série québécoise, et j’avais fait un court-métrage avec lui à Trouville en 2006. Un de ses premiers courts-métrages avec Sam Karmann. Et je l’ai retrouvé, on était ravis de se retrouver, et on s’est dit « Ah oui, super, c’était super ». Et on a parlé comme si on s’était vu hier, c’était très sympa et chacun a fait des carrières différentes. Moins de cinéma, plus de théâtre ou plus de clowns, plus de choses comme ça, mais c’est rigolo de se retrouver après, de se dire qu’on est encore là parce que c’est difficile de démarrer, c’est vrai. Mais c’est difficile de rester, de perdurer et de rester dans le métier.

S Quel est ton film préféré ?

D Les Demoiselles de Rochefort. J’adore ce film, mais je trouve, j’adore, je ne sais pas. D’ailleurs, un film que qu’on aime beaucoup, beaucoup, dans ma famille. C’est vrai. Donc ça tient aussi, sans doute à ça.

S Question de la fin, si tu pouvais découvrir n’importe quel métier dans un prochain épisode de PodTaf, ce serait quoi ?

D J’aime beaucoup les oiseaux, et ça m’intéresse toujours, ornithologue.

L Défi accepté ! 

D Voilà. À vous les filles !

L Merci beaucoup, Dominique. Tu nous as emmenées dans ton monde. On a voyagé à la fois dans le théâtre, le cinéma, tout. C’était passionnant.

S Beautiful

L Le mot de la fin. 

D Merci. 

L Merci Dominique. Trop chouette.