Ep. 23 Préparateur mental
Julian Kermarrec
Découvrez le parcours de Julian Kermarrec, préparateur mental spécialisé dans l’accompagnement des sportifs. Ancien membre de l’équipe de France de judo, il partage son expérience du haut niveau et explique comment le mental se travaille comme un muscle. Il nous dévoile les techniques utilisées pour développer concentration, motivation, gestion du stress et confiance en soi. Entre performance sportive et monde professionnel, il explique comment la préparation mentale peut aider chacun à progresser. Un épisode sur la quête de sens, le dépassement de soi et l’importance d’accepter l’incertitude.

LAURA (L) Bonjour Julian Kermarrec. Bienvenue sur PodTaf !
JULIAN (J) Bonjour.
L Peux-tu nous dire quel est ton métier ?
J Alors moi, je suis préparateur mental
SARA (S) Qu’est-ce qu’un préparateur mental ?
J La définition, c’est, de travailler en fait les habiletés mentales comme en fait la concentration, la motivation, la gestion du stress, la fixation d’objectifs, la planification. Voilà, c’est assez large.
C’est un équilibre à trouver entre motiver une personne pour l’accompagner à se dépasser, à faire ce petit truc en plus, mais aussi accepter que le sport de haut niveau, c’est dur. Il y a de la concurrence, il y a plein de choses qu’on ne peut pas contrôler et ce n’est pas grave en fait. L’important, ce n’est pas le titre, c’est en fait comment tu fais pour y arriver ou pas d’ailleurs, parce qu’en fait, il y a énormément de défaites qui apportent et en fait derrière ça apporte son lot de contenus, d’émotions.
L Et le mental, ça se muscle comme le corps ?
J C’est vrai que j’aime bien faire le parallèle avec la préparation physique. On fait de la préparation physique, on développe la force, l’endurance, etc. Eh bien là, en fait, par des exercices, des outils, de l’apport de techniques, et bien en fait, on vient travailler le mental. Alors après, le mental, c’est quelque chose, d’assez large. Mais en fin de compte, voilà, c’est comme la préparation physique, il y a différentes parties, différentes branches et on travaille, on travaille là-dessus quoi.
L Alors avant de te demander ce que tu fais concrètement, avec qui tu travailles plutôt ? Par exemple, c’est des entrepreneurs, c’est des étudiants, des sportifs, c’est…Quel, quel est le profil de ton client ?
J Alors moi, j’ai pris le parti de me focaliser sur les sportifs, notamment une question de légitimité et en fait de connaissance du métier. J’ai moi-même été sportif, donc en fait, c’était quand même plus pertinent d’accompagner des personnes dont je connais quand même leur quotidien. Donc voilà, des sportifs, après, de tout niveau. J’ai des personnes qui ont fait les Jeux olympiques et j’en ai d’autres qui préparent, les championnats départementaux, régionaux, qui veulent juste en fait finalement, progresser et s’améliorer dans leur pratique.
L Prenons l’exemple de la personne qui t’a contacté et qui veut se mettre au sport qu’est-ce qu’elle te dit et qu’est-ce que tu mets en place, sur combien de semaines ? Quels exercices tu peux mettre en place concrètement ?
J En fait, souvent, les personnes nous contactent pour un objectif de résultat, mais en fait, derrière, ça va nous servir à fixer des objectifs de développement de compétences. On fixe en fait une sorte de planification.
Par exemple, j’ai besoin de me conditionner juste avant la course. Bon ben, on va travailler tel exercice. J’ai besoin de récupérer plus vite. Bon, on va faire un exercice de respiration, par exemple.
Quel sens tu mets dans cet objectif. Parce qu’en fait, pour être vraiment impliqué dans un objectif, il faut qu’il y ait une motivation profonde et donc tu saches pourquoi tu le fais quoi.
S Du coup quelqu’un qui se lancerait dans une compétition de très haut niveau, tu vas quand même l’aborder différemment de quelqu’un -un particulier- qui va faire sa « course du dimanche », non ?
J C’est clairement [ça]. On va dire que les sportifs de très haut niveau, ceux qui préparent des championnats majeurs et qui sont dans une dynamique de haut niveau de performance, ils ont déjà développé à haut niveau leur habileté mentale. On est sur de la finition. Quand on accompagne un sportif de très haut niveau, quelquefois en fait l’accompagnement ça va se résumer à le faire accepter que la défaite est possible.
Le fait de se projeter dans la compétition et de se dire : « Je n’ai pas le droit de perdre, il y a énormément d’enjeux pour moi », ça va mettre une pression excessive qui va nuire à sa performance. Et l’idée, c’est qu’en fait il aborde la compétition de la manière la plus sereine possible. Et quelquefois, être serein, c’est aussi accepter que ben, ça peut mal se passer quoi. J’aime bien dire une phrase à mes sportifs, c’est : « il faut être prêt à tout, mais ne s’attendre à rien. » Parce qu’en fait, je considère aussi qu’un sportif de très haut niveau, souvent, il aime bien dire que c’est une Formule 1.
Moi, je vois plutôt que c’est une espèce de 4×4. Il faut être prêt à tout, à n’importe quelle situation, mais ne s’attendre à rien parce qu’en fait, on n’a pas le contrôle sur une bonne partie des choses. Même la concurrence, quelquefois, elle peut être bien mieux préparée que nous, plus à l’aise. Donc, en fait, on ne peut pas gérer ça. L’environnement dans certains sports, ça compte aussi. Donc voilà.
L Et dans ce que tu nous racontes, en fait, il y a une partie très psychologique à apprendre pour accompagner tes clients. Comme ce n’est pas un métier reconnu, comment tu fais ton parcours pour devenir préparateur mental ?
J À la fois, c’est intéressant parce que ça apporte une certaine liberté. A la fois, en fait, il y a des excès par des profils de préparateurs mentaux, où en fait, la déontologie et l’éthique, elle est assez limite quoi, à mon sens.
Aujourd’hui, n’importe qui peut dire qu’il est préparateur mental. Et il y a des préparateurs mentaux qui sont très peu formés, mais qui sont compétents parce qu’ils ont une capacité à apprendre le métier, en allant chercher de l’information sur des techniques, etc. Il y a des formations privées. Et il y a des formations universitaires et après, en fait, il y a aussi différents profils de préparateurs mentaux. Le préparateur mental issu du parcours STAPS, par exemple.
Il y a le préparateur mental qui, en même temps, est coach en entreprise, par exemple. Donc c’est-à-dire qu’il est entrepreneur, il a sa société et à côté de ça, il fait une partie de son activité sur l’entreprise et une autre partie sur les sportifs. Pareil, il y a le préparateur mental/formateur. C’est-à-dire qu’il accompagne des sportifs, mais à côté de ça aussi, il intervient dans des structures ou dans des entreprises pour apporter des techniques de préparation mentale. Il y a le préparateur mental aussi thérapeute, finalement, qui a aussi un parcours, psychologue et qui en même temps fait de la préparation mentale.
S Et toi t’as une légitimité du coup, tu as eu un parcours de sportif haut niveau auparavant, peux-tu nous en parler ?
J Pendant une dizaine d’années j’ai été en équipe de France de judo. Ça m’aide dans mon activité parce que je connais vraiment, le haut niveau, le fait de s’entraîner deux fois, trois fois par jour, les blessures, les contre-performances, l’adrénaline et l’émotion aussi que ça apporte de faire des résultats. Le burn-out de sportif aussi, je vois ce que c’est. Quelquefois la perte de sens dans ce qu’on fait, mais aussi tous les côtés positifs.
S Comment es-tu arrivé au championnat de France ? C’est incroyable.
J Comme beaucoup de jeunes, j’ai commencé le judo tôt et puis aussi parce que j’étais un enfant assez actif, on va dire. Donc le médecin de famille a proposé à ma mère, que je fasse un sport pour me canaliser. Donc c’était le judo. Il y avait un très bon club dans ma petite ville en Bretagne. Donc voilà, j’ai commencé par ça.
S Tu avais quel âge quand tu as commencé ?
J Quatre ans.
S Ah oui, t’étais petit.
J Ouais. Et puis en fait très vite, j’ai accroché. Au début un entraînement par semaine et puis assez rapidement vers 10 ans, je passe à deux, trois entraînements par semaine. Et puis, à un moment donné, juste avant de rentrer en sport études à Rennes, je m’entraîne déjà quatre à cinq fois par semaine. Et puis, je suis quand même monté sur Paris, pour tenter ma chance dans le haut niveau. Le fait de monter sur Paris, de voir aussi des champions ou des sportifs de haut niveau, de voir que c’est possible aussi, ça aide, mais il y a aussi un passage de cap. Ça a été justement l’accompagnement avec un préparateur mental à 21 ans qui m’a aidé à faire ma première médaille au championnat de France première division, qui est un petit peu la première étape du palier haut niveau en judo,
S Et comment tu vis de ça ? Tu as 21 ans, tu viens à Paris, mais du coup, tu n’as pas de boulot à côté parce qu’il faut que tu t’entraînes tout le temps. Qui te donne de l’argent, en fait ?
J Après mes études de lycée, je suis monté sur Paris et je suis rentré donc dans une formation pour être, éducateur sportif, professeur de judo, quoi. J’ai passé le brevet d’État d’éducateur. En fait, c’est grâce à un club de judo c’est le club de Sainte-Geneviève Sport. Un club de haut niveau, mais ils avaient la philosophie d’accepter des profils, tant que, en fait, ils avaient l’air sérieux et motivés, peu importe leurs résultats, pour, derrière, les accompagner. Et l’accompagnement, c’était en fait payer la formation. En contrepartie, on donnait des heures dans le club et on pouvait s’entraîner à haut niveau à côté,
S C’est quoi ta compétition qui t’a le plus marqué ?
J Chaque championnat de France, première division où j’ai fait une médaille. Déjà c’était quand même des grosses émotions quoi. Après il y a aussi l’emblématique Tournoi de Paris, je l’ai fait deux fois et la première année où je le fais, je fais septième. C’était quand même quelque chose quoi.
S Et est-ce que tu as une défaite qui t’a fait du bien
J Bonne question. Je crois qu’en fait mes plus belles défaites ont été avant mon passage de cap en fait. Parce que tout ça, ça m’a vraiment appris une grosse capacité de résilience, de se dire que, ça peut ne pas marcher tout de suite et pendant longtemps, mais en fait, c’est Orelsan qui disait ça : « Tout ce que tu fais avant, tout le travail que tu fais avant, il te sert pour après, quoi.
L qu’est-ce qui fait que tu arrêtes le sport ?
J Très bonne question également. Ben, perte de sens, justement. Besoin de faire autre chose, je ne voyais plus l’intérêt de s’entraîner autant quoi.
L Et est-ce qu’il y a une limite d’âge aussi ?
J Il n’y a pas de limite d’âge.
L Tu pourrais faire ça à 60 ans et être champion de France ou pas ?
J Peut-être pas, parce que le judo, c’est quand même un sport traumatisant. Alors philosophiquement, déjà, il faut quand même, enfin le judo, c’est quand même tomber quoi. Mentalement il faut encaisser quoi, le fait de perdre, de tomber, etc. Et puis s’entraîner deux fois, trois fois par jour, ben ce n’est pas négligeable, quoi. Donc ça joue. Et puis physiquement, voilà, ça crée beaucoup quand même beaucoup de traumatismes physiques, les genoux, les épaules, les chevilles, les cervicales, le dos. C’est traumatisant physiquement, quoi. Donc, donc voilà.
L Qu’est-ce qui fait que à la fin, quand tu te dis : « j’arrête le sport de haut niveau, je ne deviens pas professeur de judo » ?
J On parlait tout à l’heure, en off, un petit peu d’avoir essayé plein de métiers. Ben moi, c’est un peu pareil, j’ai essayé plein de métiers et puis j’ai essayé aussi plein d’études. Et d’ailleurs, ça n’a pas toujours été une grande réussite, mais voilà quoi.
L Raconte-nous, qu’est-ce que tu as pu tester et vite abandonner ?
J J’ai fait un brevet d’études professionnelles électroniques. Donc rien à voir. Derrière, après, lorsque je loupe mon bac, en fait, je décide de ne pas le repasser et en fait, je monte sur Paris pour faire mon brevet d’État. Ces études-là, c’était en fait pour me permettre de m’entraîner. Parce que moi, en fait, ce que je voulais, c’était devenir champion et faire du haut niveau, quoi. Donc en fait, c’était juste histoire de faire quelque chose à côté. Je valide ce diplôme. Je fais un autre diplôme on appelle ça le DES, donc qui est plutôt orienté performance, que je valide. Et je vais jusqu’en maîtrise, je fais un M1, à l’INSEP, orienté entraînement de haut niveau. Après, la question pourquoi j’ai finalement changé d’avis ? Je pense que pendant ma carrière, le fait d’avoir été accompagné en préparation mentale, de découvrir un petit peu ce que c’était l’accompagnement. J’étais déjà intéressé aussi par tout ce qui était un peu psycho, forcément par la performance sportive. C’est quelque chose qui m’a très vite intéressé
S Quelle a été la réaction de ta famille quand tu leur as dit : « Je veux faire du sport et ça sera ma carrière. » Parce qu’on peut imaginer que tu n’es pas encore un champion à l’époque, tu n’es peut-être pas le cheval sur lequel on mise. Quelle a été leur réaction ? Est-ce que c’était dans le soutien ? Ou, pas vraiment ?
J Ouh là ! Pour ne pas changer, en plus de mon parcours atypique scolaire, j’ai un parcours familial un peu atypique aussi. J’ai toujours été en conflit avec mon père. Déjà quand il a vu que je commençais en fait à m’investir dans le sport, il ne comprenait pas trop, en fait. Donc ça a été des sujets. Et puis en fait, si je m’investissais dans le sport, mais que scolairement, ça allait, je pense que ça aurait été. Mais bon, vu que ce n’était pas le cas, c’était un peu compliqué.
L Heureusement que tu ne l’écoutes pas à l’époque.
J Ouais, clairement. Bah, je pense que j’ai passé ma vie à ne pas l’écouter .
S Mais peut-être que ça t’a aussi motivé à suivre ça aussi.
J Clairement, clairement. Il y a aussi une part de ça. C’est-à-dire qu’en fait, à un moment donné, lui, il ne comprend pas. Ben en fait, je ne vais pas l’écouter. Moi, je vais faire ce que j’ai envie de faire et me fier aussi à mon intuition.
Et après, ma mère, alors, pour un petit aparté, ma mère avait une sclérose en plaques. Donc en fait, forcément, une maladie, ça, joue aussi sur d’autres choses. Pas toujours facile pour une maman malade de totalement pouvoir s’impliquer. Soutien et elle m’a fait confiance, mais après, elle ne pouvait pas non plus donner, tout ce qu’on peut donner en tant que maman quoi.
S Mais il y avait de l’amour.
J Il y avait de l’amour.
L Il y avait un point commun avec tous nos invités de PodTaf et avec toi, notamment, si c’est l’exemple de ne pas avoir son bac, c’est que : ils ont tous eu de la résilience et ils se sont plantés, ils ont essayé, ils ont continué et ils ont tous réussi. Comment tu fais toi pour préparer ces personnes-là sans tomber dans la pression ?
J Eh bien déjà, il y a des fondamentaux scientifiques. En fait, il y a la théorie de l’autodétermination avec finalement le besoin d’autonomie, le besoin de sentiment de compétence et d’affiliation. Déjà, c’est des choses qui donnent de la motivation quoi. Il faut savoir donner du feedback pour apporter le sentiment de compétence. Créer une équipe ou en tout cas un soutien pour le besoin d’affiliation. De l’autonomie, en fonction de sa maturité.
Ça veut dire qu’une personne qui arrive dans une entreprise et qui est jeune, elle va avoir besoin de plus d’accompagnement qu’une personne qui est à deux ans de la retraite, où là, il faut quand même lui laisser de l’autonomie et voilà quoi.
S Quel enseignement dans la préparation mentale te sert le plus en tant qu’entrepreneur ?
J L’activité d’entrepreneur, en fait, c’est des hauts et des bas constants on a un nouveau suivi, un nouveau « client », on est au top, on se dit : « Bon bah en fait, c’est nickel. » Et puis après on a une période de creux où en fait on a moins de sollicitations et « oh là là, je vais mettre la clé sous la porte ». Et puis aussi prendre un peu de recul quelquefois et de se dire : « Bon bah en fait là cette période de creux, il n’y a pas de raison que ça ne se termine pas cette période de creux » et à un moment donné ça va revenir tant qu’on est dans une tendance à travailler, à mettre des choses en place, etc.
S Et tu interviens en entreprise.
J En fait, quelquefois, ils ont besoin d’apporter des outils de préparation mentale pour les salariés ou les managers.
S Les commerciaux surtout ?
J Les commerciaux, enfin voilà quoi, ce n’est pas des outils révolutionnaires, mais en fait, tu donnais l’exemple des commerciaux. Il y a, un rendez-vous client le matin, on enchaîne avec un autre rendez-vous. Eh bien en fait, qu’est-ce que tu fais entre les deux quoi ?
En fait, ça peut être faire des respirations relaxantes pour couper. Si le rendez-vous s’est mal passé, en fait, faire un petit exercice. En fait « bon, ben, OK, qu’est-ce que j’ai fait et qui est bien que je garde, qu’est-ce qu’il faut que j’améliore ? Qu’est-ce que je dois arrêter de faire ? Qu’est-ce que je commence ?» Ou en fait, on est dans une espèce de processus d’amélioration continue. Effectivement, ça peut se transférer dans le monde professionnel, très bien quoi.
S Peux-tu nous parler de la visualisation ?
J Alors déjà, j’emploie le terme, visualisation, mais le vrai terme, c’est imagerie mentale, imagerie motrice. On peut faire de la visualisation, mais en fait en utilisant différents modes sensoriels. C’est-à-dire que en fait faire de la visualisation, souvent ça veut dire, visualiser, donc en fait voir. Sauf qu’en fait, il y a des gens, lorsqu’on leur demande de faire de l’imagerie mentale, ils vont avoir zéro image.
Ils vont être plutôt sur du kinesthésique, de la sensation. On peut l’utiliser sur les différents sens. Il y a aussi l’interoception et la proprioception qui peut être assez fine quoi, tout ce qui est proprioception et interoception, c’est la notion– par exemple, « je suis sur un pied, et je ferme mes yeux je porte mon attention sur mon genou qui est stable, qui se rééquilibre, etc ». Donc en fait, c’est très pratique dans le sport. Le cerveau ne fait presque pas la différence entre une action réelle et une action, qu’on est en train de vivre. En fait, c’est les mêmes chemins neuronaux en fait.
Admettons, un athlète est blessé, on peut préparer sa reprise grâce à l’imagerie motrice. Le fait de se voir en train de pratiquer en caméra externe, en caméra interne, qui vont changer en fait finalement les différents modes, au ralenti au début pour se focaliser sur la précision du geste, etc. Puis après, rebasculer en vitesse réelle pour se rapprocher de la réalité. Aujourd’hui, l’imagerie motrice, il n’y a pas de débat. C’est hyper utile pour se préparer, pour s’entraîner, pour la gestion du stress, pour la confiance.
S Si je visualise que je gagne l’Euromillions ?
J Non, ça malheureusement, malheureusement non
L Là, c’est mathématique, je suis désolée, ça ne marche pas. C’est trop factuel.
S Par exemple, j’aimerais être la meuf qui va courir, mais, la vie fait que je ne le fais jamais. Est-ce que en me visualisant en train de courir, et ben, je suis en train de me préparer mentalement à courir ?
J Je pense qu’on a tous vécu ça où en fait, il arrive le moment où on doit aller courir et là, baisse de motivation.
S Ça m’arrive à chaque fois.
L C’est juste sortir chez toi au moins. Une fois que tu es dehors, c’est bon. Il faut sortir.
J Bon déjà, il y a un travail, on va dire, un peu plus psychologique de « pourquoi il y a ce coup de mou » lorsque ça arrive. Donc, on peut faire ce travail-là en conversationnel et puis faire des exercices cognitivo–comportementaux, etc. Pourquoi il y a cette baisse de motivation à ce moment-là ? Ben parce qu’en fait, je me sens nul, j’ai peur du jugement, etc.
Voilà, on peut aller travailler ce genre de choses. Mais en fait, il y a d’autres outils qui peuvent être hyper utiles et c’est en fait, c’est se visualiser et on peut appeler ça une projection mentale de la réussite. Et en fait, on va se projeter , en train de courir, ça va nous motiver. On va se visualiser en train de réussir, d’avoir la sensation de plaisir, peut-être, le fait de courir, la satisfaction d’après, d’avoir été courir. Ben avoir un peu plus envie d’y aller. Ça peut nous permettre de sortir de cet état où on a envie de procrastiner et dire : « Moi, je ferai demain »,
Il y a aussi une technique qui s’appelle la technique du sac à dos. En fait, ce qui peut bloquer dans le fait de faire des choses, c’est le nombre de frictions, entre le moment et, l’activité en elle-même. Exemple : si je veux me mettre à faire du VTT j’ai une voiture, il va falloir que j’accroche mon porte-vélo à ma voiture, que je fixe mon vélo sur mon porte-vélo, que je me change, etc. Si on veut vraiment se mettre à cette activité-là, à un moment donné, mettre son vélo ou déjà l’accrocher, préparer son sac. Faciliter le passage entre le moment où j’ai envie de le faire et je le fais, quoi.
L Qu’il y ait moins de tâches à faire et pour que ça soit assez rapide, que la motivation ne baisse pas– n’ait pas le temps de baisser.
J C’est ça.
S Donc le matin, tu te réveilles, tu te mets en tenue de sport et tu vas courir quoi.
J C’est ça.
S Quel conseil donnerais-tu au « Julian » adolescent ?
J Aie confiance. Aie confiance, ça va payer ce que tu fais.
L Et pour ceux qui nous écoutent, où est-ce qu’on pourrait te retrouver ? Pour avoir cette sérénité s’ils veulent te contacter ?
J J’ai un compte perso Instagram. Julian Kermarrec. J’ai donc le compte de mon entreprise, qui s’appelle Questae. Questae qui signifie donc état d’esprit en latin, Quest qui signifie quête. Donc je trouvais que ça collait bien. Et puis, depuis peu également, j’ai le site internet de mon entreprise https://www.questae.fr/ . Et puis je commence aussi à réactiver mes réseaux sur LinkedIn.
S Si tu pouvais découvrir un métier dans un prochain épisode de PodTaf, ce serait quoi ?
J Je pense que ça serait intéressant d’aller… de solliciter un apiculteur.
L Je pense que le défi va être rapidement accepté
S Merci beaucoup Julian. C’était super inspirant.
J Merci à vous.
L Merci beaucoup.


