Ep. 29 Bulleur
Stéphane Touhier
Comment passe-t-on des bars d’hôtel aux scènes de spectacle en devenant magicien bulleur ? Dans cet épisode, Philéo raconte sa reconversion vers un métier aussi atypique que poétique, où les bulles de savon deviennent un véritable art au service de la magie.
Il partage les coulisses de la création de ses spectacles, les défis de l’entrepreneuriat, les échecs qui l’ont fait grandir et les moments d’émotion qui donnent tout son sens à son métier. Une conversation inspirante sur la créativité, la persévérance et l’importance de continuer à faire rêver, dans un monde où le spectacle vivant n’a jamais été aussi précieux.

LAURA (L) : Bonjour, nous accueillons aujourd’hui Stéphane Touhier, qui exerce un métier très atypique : il est magicien bulleur. Peux-tu nous dire quel est ton nom d’artiste, pour commencer ?
STEPHANE (St) : Bonjour, je suis Philéo, le magicien bulleur.
SARA (S) : En quoi consiste ton métier de magicien bulleur ? Est-ce un seul métier, ou deux métiers différents ?
St : Je suis à la fois magicien, donc je présente des effets de magie mêlés avec des bulles de savon ou, pour le dire autrement, je fais des bulles de savon mêlées avec de la magie.
L : Tous les magiciens ne sont donc pas des bulleurs, et tous les bulleurs ne sont pas magiciens ?
St : Dans la magie, il existe plusieurs branches : vous allez trouver la magie close-up, le mentalisme, l’hypnose… Moi, je propose davantage des spectacles de bulles de savon mêlés à de la magie.
L : Peux-tu nous décrire un spectacle, une prestation, pour qu’on ait une image plus précise, avec tes mots ?
St : Comme tout artiste, j’ai envie d’apporter du rêve et de l’émotion, ne serait-ce que par la musique et par les décors, d’amener une atmosphère et de raconter une histoire. Je n’ai pas envie de présenter des effets qui se succèdent sans un lien cohérent. J’aime beaucoup, par exemple, l’univers de Tim Burton : je vais avoir donc des décorations typiques de cet univers de Tim, et la musique est très importante, c’est un vrai travail de fond, bien sûr, d’écriture.
On imagine une ambiance un peu tamisée, avec un petit brouillard qui navigue un petit peu partout sur la scène. La musique commence, je fais mon entrée sur scène. Souvent, ce qu’on dit c’est que le premier tour, le « premier effet » est, pour un artiste magicien, le plus important : c’est lui qui installe tout de suite l’ambiance. Si l’on commence trop doucement, peut-être le public risque de ne pas accrocher. Moi, je commence généralement par un effet avec du feu et des bulles.
S : Et tu as donc tout un exercice de narration, une histoire à dérouler ?
St : J’ai des spectacles qui sont avec des voix off, et d’autres où je parle un peu, notamment quand je fais venir des enfants, ou même des adultes, sur scène. C’est un spectacle, ce n’est pas une démonstration : c’est du spectacle vivant, donc interactif et participatif.
Ce sont des spectacles qui restent universels, très visuels, qui s’adressent aussi bien aux petits qu’aux plus âgés.
S : Peux-tu nous apprendre quelque chose sur les bulles que l’on ne connaît pas ?
St : Il faut savoir que la paroi d’une bulle est dix fois plus fine qu’un cheveu.
S : Quelle est la composition d’une bulle ?
St : L’élément principal, c’est l’eau, à laquelle on ajoute un détergent, c’est-à-dire du liquide vaisselle. On peut aussi faire des bulles avec du shampoing, mais les résultats seront un peu différents.
S : Qu’est-ce qui, dans le liquide vaisselle, permet cet effet ? Quel composant ?
St : Ce sont les tensioactifs, qui permettent une cohésion entre les divers éléments d’une solution, dans laquelle on peut intégrer des polymères. On peut imaginer une sorte de poudre qui permet de rendre la bulle étirable : c’est l’élément le plus important, puisqu’il représente environ 70 à 80 % de la recette.
S : Depuis combien de temps es-tu magicien bulleur ?
St : Cela va faire un peu moins de dix ans. Avant, je travaillais dans l’hôtellerie-restauration, dans des bars d’hôtel, pendant quinze ans. Et à un moment donné, on a envie de faire un petit peu autre chose.
J’étais déjà passionné de magie, et je trouvais qu’à l’époque, mêler la magie au travail de bar apportait un vrai plus : les gens ne s’y attendaient pas. D’un coup, je sortais un jeu de cartes, je faisais des effets avec les verres… plein de petites choses qui apportaient une animation en plus.
Mais à un moment donné, c’est devenu fatigant : quand on fonde une famille, travailler les week-ends, les jours fériés, rentrer tard le soir, quand on se projette un petit peu, on se dit que ça va devenir compliqué.
Rien n’arrive par hasard : je travaillais dans un hôtel où l’on organisait une fête de fin d’année, et j’avais proposé de faire venir le Double Fond, un café-théâtre de magie. Après m’être renseigné, je suis allé voir mon patron et je lui ai dit : « Si demain je vous annonce que je pars faire un Fongecif — une formation pour me spécialiser —, et que demain, après je vous donne ma démission et que vous me proposiez une rupture conventionnelle, est-ce que vous seriez d’accord ? » Il m’a regardé et m’a répondu : « Oui, pourquoi pas. »
Je m’étais renseigné auprès du Double Fond, qui proposait des formations : le prix, à l’époque, tournait autour de 20 000 euros.
S : Ah, quand même !
L : et tu as un statut d’artiste, d’intermittent du spectacle ?
St : Oui. J’y reviens un petit peu, le FONGECIF et plus, la rupture conventionnelle, j’avais une sécurité, ça me laissait un petit peu plus de temps, à peu près un an pour pouvoir me retourner. Après, je ne prenais pas vraiment de risque dans le sens où j’avais tout à gagner en essayant quelque chose, comme beaucoup le font maintenant. Si jamais cela ne marchait pas, je revenais vers mon métier de base. C’était quelque chose où je voulais vraiment assurer mes arrières et ensuite, en France, on a la grande chance de pouvoir bénéficier du régime d’intermittent du spectacle, qui nous permet justement dans les mois un peu creux, d’avoir des indemnités qui sont versées directement.
Donc, c’est vrai que ce n’est pas évident de pouvoir s’en sortir. On a beaucoup d’investissements au début tant au niveau du matériel, que des inscriptions sur des sites pour se faire connaître et puis le côté marketing, aussi est à prendre en compte. C’est-à-dire qu’il faut créer un site, qui soit attractif. Il faut essayer de se faire connaître avec les outils à notre disposition.
S : Depuis dix ans, tu vis de ce métier de magicien?
St : Et depuis un peu plus de dix ans maintenant, je vis de ce métier. Quand on se lance dans un nouveau métier, on comprend vite que ce ne sera pas facile : on n’est pas seul sur le marché, il faut se faire connaître.
L : Comment as-tu fait, au tout début, pour trouver tes clients ?
St : Il existe des annuaires spécialisés, comme Artesine ou Les Pros du Pesta, plutôt destinés aux spectacles pour enfants. Il y a aussi des annuaires spécialisés pour les magiciens, où je m’étais inscrit — ce qui demandait un peu d’investissement pour gagner en visibilité. Et puis, petit à petit, l’activité s’est développée. Et après, c’était mis en marche.
L : Tes clients sont-ils des particuliers, des entreprises, des collectivités ?
St : Au début, c’étaient beaucoup des particuliers. Ensuite sont venues les agences événementielles, les associations, puis de grandes entreprises, dans le secteur public comme dans le privé. C’est assez diversifié. Je propose aussi beaucoup de spectacles pour les crèches, ce qui est formidable, car on voit alors, dans les yeux des enfants, apparaître de petites étoiles. Il m’est même arrivé de donner des cours particuliers, aussi.
L : Ton métier, finalement, consiste à faire rêver les gens, à les faire rire, à les faire voyager. Mais j’imagine que cette reconversion n’a pas toujours été simple. Te souviens-tu d’un tour de magie raté, mémorable ?
St : Le plus grand flop que j’ai eu n’était pas lié à la magie, mais aux bulles, là, ça a été très très dur, après, il y a une grosse remise en question. C’était l’une des premières fois que je travaillais avec une agence, et la responsable mettait un peu la pression. J’arrive, je prépare mon matériel, j’avais un petit spectacle d’environ vingt à trente minutes. Je commence mon spectacle. Tout commence bien, puis après ça a été le fiasco total : c’est-à-dire qu’aucune bulle ne tenait.
S : Oh non…
St : Oui, aucune bulle ne tenait. J’ai compris que, dans mes grandes salles, ce genre de choses, on aime bien utiliser des fumigènes, sauf que cela assèche l’air. Du coup, les bulles ne prenaient pas, s’éclataient. Donc là, je voyais la responsable de l’agence qui était en décomposition.
S : Ah, tu es tout seul sur scène…
St : Les enfants étaient infernaux, ça criait : « Ah oui ! Arrête ! il ne sait pas … » C’était très, très compliqué.
L : Et comment tu t’en sors de ce genre de situation ?
St : On ne s’en sort pas vraiment, en fait. On se dit « est-ce que je vais continuer ou pas » ? Mais il ne faut pas rester sur un échec : on essaie de comprendre pourquoi. Là, c’était en partie indépendant de ma volonté, dans le sens où l’on dépend beaucoup de l’atmosphère. Malheureusement, avec les bulles, on ne maîtrise jamais tout à 100 %. Il faut aussi savoir se remettre en question, faire évoluer son spectacle : c’est comme ça qu’on avance.
Un autre événement marquant : un spectacle sur l’ancienne voie ferrée, du côté de Paris, celle qui fait le tour de la ville. Une maman organisait l’anniversaire de son fils. C’était amusant, car c’était un lieu de passage, pas de train, bien sûr, mais un cadre un peu atypique, avec des graffitis un peu partout. Le public s’arrêtait. La maman qui avait fait un anniversaire pour son garçon, avait invité ses ami(e)s, mais il y avait des passants qui se baladaient, s’arrêtaient aussi pour regarder. À la fin, deux filles sont venues me voir et m’ont dit : « Le spectacle était génial, on a pleuré. » Après, c’est l’émotion qui est quand même assez forte.
L : Ton métier n’est-il pas, justement, un retour vers cette simplicité et la vraie émotion ?
S : Finalement, ton métier aurait pu exister il y a trois cents ans.
St : C’est un métier qui existe depuis l’Antiquité, depuis les Égyptiens, qui pratiquaient déjà la magie.
L : Cela soulève surtout la question : « Il a beaucoup d’avenir, ce métier, dans un monde très digital et très consumériste » ?
St : Oui, on ne peut pas nous remplacer. Le spectacle de bulles est un spectacle qui capte l’attention, et assez fortement.
S : As-tu des rêves de partenariat, ou des salles où tu aimerais jouer ton spectacle ?
St : J’aurais l’envie peut-être de me lancer dans des salles de théâtre, avoir un spectacle plus intimiste, où la proximité avec le public serait plus forte. J’aime bien découvrir des endroits un peu inaccessibles, où l’on ne mettrait pas forcément les pieds. Mes premiers spectacles se sont déroulés dans un commissariat du centre de Paris, dans la salle de reconstitution du crime, avec des affiches avec des impacts de balles, qui étaient dessinés. C’était pour un arbre de Noël, spécialement pour ça. Le faire dans une prison, par deux fois, chez les pompiers, et dans un tribunal aussi, du côté de la salle des plaidoiries, c’était sympa.
L : Au-delà des endroits où tu pourrais faire ton spectacle, c’est plutôt avec des magiciens avec lesquels tu rêverais de faire des partenariats ?
St : Pas forcément des partenariats, mais plutôt partager la scène : un plateau multi-artistes, avec des chanteuses, un autre magicien, des clowns, des contorsionnistes. C’est enrichissant sur le plan artistique, pour moi, car cela permet de découvrir quelqu’un humainement, et de découvrir une autre discipline artistique, c’est vraiment sympa.
L : On parle souvent d’hommes magiciens ; j’ai l’impression qu’il y a moins de femmes dans ce milieu. Est-ce une idée reçue ?
St : Non, non, c’est vrai, il y a effectivement beaucoup plus d’hommes.
L : Connais-tu une magicienne dont tu apprécies particulièrement le travail ?
St : Il y avait Alexandra Duvivier, une magicienne qui compte parmi les meilleures au monde. Elle se produit notamment à Las Vegas, pour certaines conventions de magie. Elle est rigolote, marrante et maîtrise complètement ce qu’elle fait.
L : Donc, tu nous as dit que tu es entrepreneur, donc tu as toute la création d’entreprise et le côté administratif que tu dois gérer. Tu as la prospection pour trouver tes clients et peut-être maintenant davantage de bouche-à-oreille, donc peut-être que c’est mieux maintenant.
Et tu nous as parlé de toute la partie de préparation du spectacle : montage audio, visuel, les décors, les costumes si tu as besoin d’en faire un peu. Et après, tu as le show, le jour J, à faire. Est-ce qu’il y a, par exemple, toute une autre partie qu’on ne voit pas de ton métier ? Par exemple, les entraînements, autre chose qu’on n’a pas évoqué et qu’on ne connaît pas de ton métier ?
St : Alors, déjà, au niveau administratif, comme je suis intermittent du spectacle, je n’ai pas toute cette paperasse à faire. Ça, pour ça au moins, c’est quand même pratique. C’est-à-dire qu’on va avoir un minimum d’administratif, comme tout le monde aurait à faire en temps normal, mais…
L : Tu fais une facture ?
St : Alors non, parce que je suis intermittent du spectacle.
L : Quand tu fais une prestation, du coup, quand tu te fais payer, il y a des organismes.
St : Il y a deux solutions. Soit j’utilise le GUSO, qui est un organisme qui est géré par France Travail maintenant et qui permet d’établir la déclaration du spectacle. Ensuite, il y a les agences événementielles qui ont une licence de spectacle, qui vont aussi justement faire le contrat.
Moi, je peux faire un contrat, bien sûr, mais je ne peux pas faire une facture parce que, souvent, on me demande : « Oui, il nous faut une facture. » Je fais : « Je peux vous faire un mémoire de règlement, mais pas une facture parce que je suis votre salarié. » Donc, un salarié n’émet pas de facture. Et puis c’est interdit, tout simplement.
L : En fait, finalement, c’est l’employeur qui fait une déclaration ?
St : Voilà. Donc, ce côté administratif, on va dire, ça ne me gêne pas de ne pas trop en faire. Là, comme ça, au moins, j’ai les choses basiques, en fait, à faire, et je n’ai pas des calculs savants aussi à établir par rapport à, on va dire, à la taxe.
Alors forcément, entre un autoentrepreneur et un intermittent du spectacle, ce n’est pas du tout la même chose. La taxe n’est pas la même. C’est-à-dire que les intermittents sont davantage taxés par rapport à un autoentrepreneur.
L : C’est la contrepartie, finalement, pour avoir cette sécurité.
St : C’est la contrepartie, la sécurité. De pouvoir vivre, on va dire, tranquillement et sereinement, sans se dire : « Bon, ben demain, est-ce que je vais avoir un contrat qui va tomber ? Parce que là, le mois commence un petit peu à être dur. »
L : Mais j’imagine que, comme avec ce statut d’intermittent du spectacle, tu es obligé de cumuler tant d’heures ou de missions, je ne sais pas comment on appelle ça…
St : Oui, des cachets.
L : Pour, voilà, tant de cachets pour avoir cette intermittence, enfin avoir ce complément. Imaginons que, pendant neuf mois, tu n’aies pas de contrat pour X raisons. Je ne sais pas, tu es malade, on ne sait pas ce que tu as, tu ne travailles pas, tu ne peux pas peut-être avoir autant de compléments si tu n’as pas cumulé tant de cachets. Ou alors, ça te couvre quand même ?
St : Alors, il faut savoir qu’on a un an pour faire quarante-trois cachets. Donc quarante-trois dates, comme on dit ? Si jamais on est malade, on contacte France Travail, qui bloque les… Si on s’est arrêté à trois mois, on bloque à trois mois. Quand vous reprendrez… Là, on reprendra à partir de trois mois. On ne va pas compter les mois où vous êtes malade. C’est un peu comme un congé maladie.
L : Et toi, tu voyages un peu ? Quelle est ta limite ?
St : Sur toute la France.
L : : Tu as fait une belle reconversion. Quelle a été la réaction de tes proches quand tu leur as annoncé que tu allais devenir magicien ?
St : Ma compagne m’a regardé avec des yeux un peu surpris. Elle m’a dit : « Bon, oui, pourquoi pas. D’accord, en tout cas, je te soutiendrai, quoi que tu fasses. » Je lui ai répondu : « Très bien. »
Je n’en ai pas parlé tout de suite à ma mère. Je lui en ai parlé seulement à partir du moment où j’ai commencé à toucher mon intermittence pour la préserver, en fait, pour qu’elle ne s’inquiète pas en se disant : « Il a fait des études hôtelières, et maintenant il veut faire quelque chose de… »
L : Et quelle a été sa réaction, quand tu le lui as enfin dit ?
St : Elle m’a dit : « Hein ? Quoi ? C’est quoi, ça ? » Elle a eu un peu de mal, je pense, à accepter que je ne lui en aie pas parlé plus tôt.
L : Et à chaque fois que tu rencontres une nouvelle personne, en dehors de ton entourage proche, et que tu annonces ton métier, quelle est sa réaction ?
St : Les gens n’y croient pas. La réaction, c’est toujours de l’étonnement.
L : Où peut-on retrouver ton travail, si l’on te cherche ?
St : Je suis sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, sous le nom de Philéo, magicien bulleur.
L : Et tu es basé où, même si tu te déplaces partout ?
St : Je suis à Palaiseau, dans l’Essonne. Il y a aussi des vidéos, à la fois sur YouTube et sur mon site.
S : Que conseillerais-tu à un jeune qui voudrait suivre tes pas ?
St : Il faut se donner les moyens, prendre des risques à condition qu’ils soient mesurés. Il faut bien réfléchir, préparer le terrain. Un peu comme vous, qui vous lancez dans quelque chose d’original. Je pense que l’originalité paie toujours. Quand on décide de faire quelque chose, on est forcément récompensé : la roue tourne, comme on dit.
S : Si tu pouvais découvrir un métier dans un prochain épisode de PodTaf, lequel choisirais-tu ?
St : Vigneron. C’est un métier de culture, de terroir, un métier manuel, exigeant, et je trouve ça très attrayant.
L & S : Défi accepté !
S : Merci beaucoup, Stéphane !
St : C’est moi qui vous remercie.
S : C’était passionnant, on a beaucoup appris.
L : C’était magique !
St : Merci à vous.

