Ep. 11 Chargée d’affaires en non-prolifération nucléaire
Vanessa de La Grange

Vanessa, chargée d’affaires en non-prolifération nucléaire, nous plonge dans les coulisses de l’accompagnement des acteurs du nucléaire civil dans le respect des règles internationales. Entre inspections, accompagnement des exploitants et collaboration avec des organismes comme l’Agence internationale de l’énergie atomique et Euratom, Vanessa joue un rôle clé dans l’équilibre entre sécurité, transparence et diplomatie. Elle aborde aussi des sujets plus personnels : vivre avec un TDAH, en faire une force dans sa carrière, et assumer un profil “multipotentiel” dans un monde qui valorise la spécialisation. Un épisode fascinant sur un métier confidentiel, à la croisée de la science, de la politique et de l’humain.


Laura (L)  Bonjour Vanessa de La Grange, est-ce que tu peux déjà nous dire le titre de ton métier qui est très mystérieux ? 

Vanessa (V) Je suis chargée d’affaires en non-prolifération nucléaire. En fait, la non-prolifération nucléaire, c’est tout simplement le fait de ne pas aider les États qui ne sont pas dotés de l’arme nucléaire à obtenir l’arme nucléaire. En fait, la France a signé les accords de garantie avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et aussi avec Euratom, qui est en fait la Commission européenne pour simplifier très grossièrement. Les exploitants français du nucléaire civil doivent répondre à ces obligations. Et donc, tout simplement, on a une autorité qui a besoin d’un appui technique. Et moi, je travaille dans cet appui technique. Au moment des inspections, je représente les autorités françaises.

Quand on parle de nucléaire, il faut penser au niveau de la prévention. Il y a trois domaines : la sûreté, la sécurité et les garanties, c’est le troisième, que je n’ai pas mentionné. Ceux qui travaillent le plus sur les accidents, ce sont les gens de la sûreté. Ceux qui s’occupent le plus de la sécurité, c’est tout ce qui est acte malveillant, entre autres. Et nous, en fait, on travaille sur le respect des garanties. Les exploitants français ou étrangers, d’ailleurs, s’engagent à respecter ces garanties.

Sara (S) Vous êtes combien en France à faire ce métier ? 

V Officiellement ? Normalement, on est huit. 

S Est-ce que la France est un bon pays pour faire ce métier ou est-ce qu’il y a des pays qui seraient plus « funky » que la France ? 

V En fait, on est un peu particulier au niveau de l’Europe parce qu’on a la bombe. On est les seuls des cinq États dotés de l’arme nucléaire, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Russie et la Chine.  [Note : Auxquels il faut ajouter l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord]. Voilà, donc ça, ce sont les cinq Etats dotés de l’arme nucléaire au sens de l’ONU. C’est aussi pour ça qu’on est dans le Conseil de sécurité de l’ONU, c’est parce qu’on a la bombe. Et donc, en fait, est-ce que ce serait plus funky d’être ailleurs, peut-être en Angleterre quand ils faisaient partie de l’UE, mais depuis le Brexit, ils sont sortis. Donc, en fait, maintenant, je crois qu’on est le seul État à avoir ce type de système avec un appui technique. Voilà, donc je ne sais pas si mon job existerait ailleurs. 

S Est-ce que tu as un accord de confidentialité pour ne pas divulguer ton savoir si jamais tu changes d’entreprise ? 

V Oui, en fait, il y a des choses qu’on ne doit pas dire et ce sera pour toute la vie. 

S En fait, tu as une responsabilité ? 

V Morale, oui.

L  Ce sont des entreprises qui utilisent le nucléaire ? 

V Qui ont des matières nucléaires, oui. 

L Mais qui peuvent l’utiliser pour faire quoi ? C’est une énergie pour eux ?

V De façon très, très, très vulgarisée. Alors, il y a bien sûr tout ce qui est la production d’énergie, mais le nucléaire, en fait, on peut l’utiliser aussi dans d’autres situations. On l’utilise aussi dans le médical. On l’utilise comme protection dans certains cas. Et puis, il y a beaucoup de recherches aussi. En fait, quand on parle du nucléaire, c’est tout un segment, en fait, pour obtenir de la matière nucléaire. 

S Ce n’est pas une matière brute ? 

V Non. Ce n’est pas une matière brute. En fait, on part du minerai. Le minerai, il n’y en a plus en France [Note : depuis mai 2001]. Maintenant, il est importé en France. Ce minerai, en fait, il est apporté sous forme de « yellow cake ». C’est comme ça que ça s’appelle parce que ça ressemble, en fait, à un gâteau jaune. Et ensuite, il est transformé pour obtenir la matière nucléaire qui est utilisable dans les centrales ou alors qui est utilisable pour faire des recherches. Et donc, après, une fois qu’il est dans les centrales, lorsqu’il y est utilisé, on dit qu’il est usagé. Voilà, et il va partir dans des endroits, dans des usines de retraitement, et ensuite il peut être réutilisé dans certains cas, et ensuite il repart dans les usines de retraitement. Il va être enfoui ou il va être entreposé puisque pour l’instant, on ne sait pas quoi faire.

L Tu parles là du déchet ? 

V Quand il est entreposé, à la fin, c’est le déchet. 

S Tu peux acheter du Yellow cake ?

V Non.

L Et du coup, le Yellow cake a une durée de vie limitée ? 

V En fait, oui, puisqu’il est utilisé. Dès qu’il arrive, en fait, il est transformé en matière utilisable, que ce soit en combustible, pour la recherche…

S C’est quoi une journée type pour toi ? 

V Déjà, je relève mes mails pour voir s’il y a eu des trucs un peu spéciaux qui se sont passés entre la veille et le jour J. Et puis je regarde, entre autres, les notifications d’inspection. Donc, en fait, Euratom envoie des notifications d’inspection. Ensuite, je peux avoir à analyser des documents pour justement mon Autorité. Je peux avoir aussi des gens qui m’appellent pour me dire : « Bon voilà, je ne sais pas comment faire ça, comment déclarer ce truc-là, est-ce que vous pourriez m’aider ? » Je fais du soutien aux exploitants. C’est comme ça que nous ont dit, avec mes collègues : on fait du SAV. 

S Donc ils ont l’obligation de remplir plein de formulaires très compliqués. 

V Ils renvoient des déclarations comptables.

S C’est quoi ton expertise technique ? Comment elle entre en jeu dans ce métier-là ? 

V Alors, en fait, il y a plein d’aspects sur ce travail qui existent parce que sur les sept ou huit chargés d’affaires qu’il y a, on n’est pas tous identiques. On n’a pas tous la même sensibilité, le même parcours. Et finalement, on a chacun nos plus et nos moins, quoi. Moi, c’est plutôt le relationnel. J’aime bien aller en inspection, selon les inspections, bien sûr, mais j’aime bien aller en inspection et discuter, les aider. En fait, c’est vraiment ça, le truc que je trouve sympa dans mon boulot. 

L Donc tu essayes d’aider les entreprises à corriger les éventuelles erreurs qu’ils pourraient commettre, qui iront enfreindre les règles. Finalement, c’est ça. Mais imaginons que l’entreprise, vraiment, va au bout du bout, ne corrige pas. Donc il y a une sanction. Quelles sanctions peuvent s’appliquer ? 

V La sanction la plus dure qui puisse s’appliquer, c’est le retrait des matières nucléaires. Ils n’ont plus le droit d’utiliser ces matières.

S Qui appartiennent à l’État ?

V A EURATOM

S Tu es amenée à voyager pas mal ? 

V En France, oui. Je sillonne le pays pour toutes les inspections, mais je vais toujours au même endroit depuis trois ans. Donc finalement, je les connais bien.

S Certaines, un peu trop bien ? 

V Certains endroits, oui, d’autres, non. Parce que les gens sont très sympas et finalement, ça joue aussi à ça, les endroits qui sont sympas sont les endroits où j’ai envie de retourner. Ce sont les endroits où les gens sont sympas et où on est bien accueillis et où l’on mange bien.

S …les bons restaurants …

V C’est ça ! ah ! ah !

S Et alors, comment tu es arrivée à ce poste-là, qui est improbable ? 

V J’ai un parcours un peu improbable aussi, en fait. Je suis de formation chimiste organicienne. 

S Organicienne, qu’est-ce que c’est ? 

V C’est la chimie organique. En fait, c’est la chimie du carbone. C’est la chimie qui sert à faire des médicaments, entre autres. C’est la chimie du vivant, on va dire ça comme ça. J’ai fait un bac plus cinq ans en chimie des molécules bioactives. Donc, c’est à la fois chimie et biochimie et biologie. Et puis, j’ai passé 17 ans au CNRS, le Centre national de la recherche scientifique, et j’ai travaillé dans trois ou quatre labos différents. Un labo de chimie organique pure, ensuite, j’ai été dans un labo de physiciens dans lequel je faisais des nanomatériaux. Ensuite, je suis retournée dans la chimie organique.

Donc là, je faisais de la chimie organique et jusqu’à des tests biologiques. Et puis après, je suis sortie du labo et j’ai été faire de la prévention du risque chimique. J’ai été la spécialiste des méthodologies de prévention du risque chimique au poste de travail. Et donc, comment j’en suis arrivée là, c’est que quand j’ai décidé de changer de boulot, je voulais faire de la non-prolifération, mais pour les armes chimiques. Parce qu’il y a aussi ça dans mon travail. Et ce qui s’est passé, c’est qu’il n’y avait plus de postes disponibles. Et la personne qui s’occupait du recrutement en chimie a dit : « Ah, il y a des postes côté nucléaire. Est-ce que ça vous intéresse ? » J’ai fait : « Pourquoi pas ?  » En fait, j’ai frappé à la porte et je suis rentrée. Voilà, on a ouvert la porte pour moi plus tôt. La cheffe disait : « En fait, le CV est intéressant pour la chimie, c’est vrai, mais il est aussi intéressant pour le nucléaire ». Donc, allez Go !

S Et du coup, toi, tu t’es senti armée pour faire ce métier-là ou tu as dû faire une remise à niveau de compétences ? 

V En fait, il y a une formation interne. Donc dans l’équipe dans laquelle je travaille, on est très soudés là-dessus. En fait, on se forme mutuellement. Dès qu’il y a un nouvel arrivant, on se forme. Et donc c’est plutôt cool là-dessus, parce que quand on arrive, on ne connaît personne et ça permet aussi de développer la cohésion d’équipe.

L Et tu avais fait un bac plus cinq ? Est-ce que tu peux préciser tout ce parcours-là pour la filière exacte et qu’est-ce que c’est, ce bac plus cinq ? 

V Ok. Alors j’ai commencé à l’époque où il y avait les D.E.U.G. J’ai fait un DEUG de SVT, c’est-à-dire Sciences de la Vie et de la Terre. Ensuite, je suis passée par un IUP, donc Institut Universitaire Professionnalisant. J’ai fait un an parce qu’en fait, ça ne m’a pas plu. Donc je suis revenue dans le cursus classique dans lequel, en fait, j’ai fait une licence de chimie-biologie, avec une spécialité de chimie. Donc, c’est un bac plus trois. Ensuite, j’ai fait une première année de master en chimie-biologie avec une spécialité de chimie et je suis remontée à Paris au moment de mon master 2.

Donc, cinquième année après le bac et j’ai fait chimie des molécules bioactives. Donc c’est à Créteil et c’est un master professionnalisant sur lequel, en fait, on se spécialise plus ou moins en chimie-biochimie. Tout ce qui est molécule bioactive. Et puis après, je le dis souvent, mais j’ai eu de la chance parce qu’au moment où je suis sortie de la fac, il y avait des postes au CNRS.

Et donc j’ai candidaté et puis j’ai été prise. Donc j’étais censée faire un doctorat. J’avais tout ce qu’il fallait. J’avais le directeur de thèse. J’avais potentiellement un financement et en fait, au bout de 15 jours de master recherche à Grenoble, j’ai dit : ben, en fait, ce n’est pas ce que je veux faire. Je ne veux pas reculer de trois ans. Je ne veux pas faire quatre ans d’études encore pour, à la fin, pas être sûre d’avoir du boulot derrière. 

S Donc c’était une sage décision. 

V Oui. 

L Est-ce que quand tu étais plus jeune, encore, même au lycée ou avant, tu avais déjà une idée que tu voulais être scientifique dans ce domaine-là? Comment tu as découvert ce domaine ?

V En fait, quand j’étais enfant, il y avait plein de choses que je voulais faire. J’ai été incapable de me poser sur une idée de travail. Et quand j’ai eu 13, 15 ans, j’ai voulu devenir médecin urgentiste à cause de la série Urgences. 

S & L John Carter !!!     …..what else ?

V Mais, exactement ! Et en fait, mes parents m’ont dit non. Mais c’est trop dur. Ta sœur, elle a essayé de faire médecine. Elle n’a pas eu. En gros, quand je suis arrivée en terminale, j’avais comme idée de faire pharmacienne. Je voulais faire pharma parce que je voulais faire de la recherche et que je trouvais que c’était pas mal de passer par pharma plutôt que de passer par la chimie. Je voulais aller dans la recherche. Je voulais faire des tests. Je voulais découvrir le remède contre le cancer. 

S Quand tu expliques ce que tu fais, ça me fait penser au Bureau des Légendes. Je me dis, mais ils doivent chercher à te sourcer de fou. On touche à des sujets « touchy », la sécurité internationale, mais est-ce que, du coup, on t’approche, par exemple sur LinkedIn, non?

V Oui, c’est aussi, mais ce n’est pas le plus touchy qui existe là où je travaille. 

L Moi, quand j’entends ton nom de métier, et surtout le secteur d’activité, je pense à beaucoup de sécurité et de secrets professionnels, mais en même temps à la transparence, parce que tu as le devoir d’être transparente envers ces sociétés et envers l’État. Comment arrives-tu à concilier tout ça ? 

V J’évolue dans un milieu où tout le monde est pareil, en fait. Donc, la culture de la protection des informations, en fait, c’est plutôt comme ça que je le dirais, parce que la sécurité dans mon domaine, ce n’est pas du tout la même chose. Et finalement, c’est assez simple à gérer. Tout le monde sait ce qu’il a à faire, ce qu’il a à dire, ce qu’il peut dire, ce qu’il ne peut pas dire. C’est assez simple à ce niveau-là. 

S Comment tu vois ton métier évoluer dans les prochaines années ? Tous les métiers sont un peu impactés avec l’informatique, forcément, même les métiers que l’on ne soupçonne pas. Est-ce que pour vous, les Huit, ça va devenir « Game of Thrones » ou « il n’en restera plus qu’un » ?

V Il y aura toujours besoin de l’analyse humaine parce que ce sont des sujets qui touchent à l’humain, finalement aussi. En fait, on touche aussi à du physique. Il y a quelque chose de concret. La matière nucléaire, ce n’est pas juste trois atomes qui se battent en duel. C’est bien plus que ça.

L Mais qui dit une analyse humaine dit peut-être aussi erreur humaine. Est-ce que tu as déjà fait une grosse bourde dans ta carrière ? 

V Oui, je pense que j’ai déjà certainement fait des erreurs. Après, elles ne portent pas à conséquence parce qu’il y a quand même une chaîne hiérarchique derrière qui vérifie ce qu’on fait. 

L Est-ce que tu fais ce métier pour la gloire ou pour la fortune ? 

V Ni pour l’un, ni pour l’autre. En fait, je pense que je fais ça parce que j’ai envie d’aider les gens. C’est pour les contacts humains, c’est pour les choses que j’ai pu voir, les endroits que j’ai pu visiter au niveau industriel. C’est ça qui fait que je trouve ça chouette.

L Quel était ton tout premier job ? 

V J’ai été remplaçante de congés annuels dans un hôpital. En fait, mon père travaille à l’hôpital, il était surveillant. Donc c’est le grade hiérarchique au-dessus des infirmiers. Et en fait, l’été, ils cherchent des gens pour remplacer ceux qui partent en congé annuel. Et donc, on appelle ça un remplacement de congés annuels. Donc c’est un équivalent aide-soignant.

Et donc c’était mon job d’été. 

S Tu avais quel âge? 

V 18 ans. Ouais, il faut avoir de la famille …

S Faut être pistonnée ? 

V C’est ça, 

S Du coup, Vanessa, tu nous as expliqué ton parcours. Tu as fait plein de métiers différents. Qu’est-ce qui explique que tu es un peu la bougeotte comme ça ? 

V En fait, c’est très, très simple et j’ai ce qu’on appelle un TDAH. Donc un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité. C’est ce qu’on imagine souvent comme le petit garçon qui saute partout sur son canapé. Et en fait, il existe aussi chez les filles et moi, j’ai été diagnostiquée à l’âge de 40 ans. Je n’ai jamais vu ça comme un handicap. En fait, pour moi, c’est vraiment un super pouvoir. Je suis capable de faire un milliard de trucs, quand je suis motivée, quand ça a du sens pour moi, en fait. Je vois ça plus comme une multipotentialité que comme un handicap. 

L Et tu penses que ça t’a aidé dans tes études et même après pour tes boulots respectifs? 

V Oui, parce qu’en fait, après, tous les TDAH ne sont pas pareils, mais moi, j’adore apprendre. Et donc, quand j’ai une idée en tête, je ne l’ai pas ailleurs et il faut que je sache tout, tout, tout, tout de suite. Je pense qu’en France, on valorise vraiment beaucoup les diplômes. Et quand on a un TDAH, quand on a un parcours comme le mien, finalement, c’est la transversalité qui est intéressante. Je sais découvrir un sujet et me plonger dedans et réussir à l’utiliser dans la vie de tous les jours, alors que, par exemple, quelqu’un qui aurait travaillé pendant 20 ans sur un sujet, lui, il connaît juste ce sujet-là. Je ne sais pas, par exemple, la vie sexuelle des mouches du Guatemala. Voilà. Et finalement, qui est passionnante, certainement. Mais, je veux dire, moi, je préfère être capable d’aller travailler aussi bien dans le nucléaire, la chimie ou la pâtisserie que de plutôt aller travailler tout le temps dans le même sujet. 

S Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui a un TDAH et qui n’ose pas en parler au travail ? 

V Au contraire, je lui conseillerais d’en parler. C’est humain de croire que c’est un handicap, mais en fait, ce n’est pas un handicap. On a tous nos hauts et nos bas, et moi la première, et il y a des moments où je n’ai pas envie d’y aller. Je n’ai pas envie de voilà. Et c’est les moments où justement, on a besoin de nos responsables hiérarchiques qui soient compréhensifs, en fait. Le jour où je l’ai annoncé à mon ancienne cheffe, je savais qu’elle avait l’humanité nécessaire et l’empathie nécessaire pour pouvoir l’encaisser. Ce n’est pas au moment où on s’ennuie vraiment à fond qu’il faut commencer à réfléchir, c’est presque trop tard. En fait, c’est au moment où ça va qu’il faut réfléchir.

L J’ai une dernière question. Quel métier aimerais-tu découvrir sur PodTaf ? 

V Rentière.

S Nous sommes toutes très intéressées… Y a-t-il un secteur qui t’attire et qui n’a rien à voir avec ce que tu fais d’ailleurs ?

V Il y a un secteur qui m’a attiré et sur lequel j’ai eu un diplôme. Je n’en ai pas parlé tout à l’heure, mais j’ai un CAP pâtissier aussi. J’ai passé ça en candidat libre. 

S C’était trop bien ? 

V Oui. Mes voisins m’ont adoré pendant un an et demi, ils avaient des viennoiseries, des gâteaux, des éclairs au chocolat. 

S Est-ce qu’il y a des synergies entre le nucléaire et la pâtisserie ? 

V Peut-être. Moi, je vois de la synergie entre la chimie et la pâtisserie. La chimie, c’est… La pâtisserie, c’est de la chimie, mais tu peux lécher la cuillère. Voilà. 

S Merci beaucoup, Vanessa.